Les vraies technologies de rupture de 2018

Photo credit: DigitalMajority on Visualhunt / CC BY-NC-SA

Chaque année depuis 2001, le Massachusetts Institute of Technology, plus connu sous  son sigle MIT, publie les dix innovations de rupture qui selon lui marqueront l’année en cours. Pour 2018, l’organisme de recherche met en particulier en avant l’intelligence artificielle (IA), et ce sous deux angles. Une IA qui deviendra de plus en plus accessible grâce au cloud. Elle ne sera plus réservée aux grands acteurs de l’IT tel Facebook, grâce à la puissance du cloud computing et à la mise à disposition de routines de deep learning. AWS, Microsoft et Google semblent pour l’instant les plus en avance, les deux premiers n’hésitant pas à mettre leurs ressources en commun pour développer des bibliothèques logicielles (libraries) pour créer des réseaux neuronaux.

Autre angle, plus technique, l’IA gagnera en autonomie grâce aux Generative adversarial networks (GAN). Pour le chercheur français Yann LeCun, en charge de l’activité IA chez Facebook et considéré comme « père » du machine learning, il s’agit de la plus grande avancée réalisée dans le domaine ces dix dernières années. Le principe est de mettre en compétition deux intelligences artificielles. La première agira classiquement par apprentissage, en générant des données artificielles à partir d’un jeu de données réelles. La seconde devra deviner si les données qui lui sont soumises sont des données réelles ou des données générées par la première IA. À force d’entraînements, cette dernière « comprend » qu’elle doit s’améliorer pour tromper la seconde. Les GANs ont été d’ores et déjà exploités par Nvidia pour créer des visages à partir de photos de stars du cinéma. 

Autre technologie sous les feux de la rampe du MIT, cette fois en matière de cryptologie, la preuve à divulgation nulle (zero knowledge proof, ZKF). En résumé, elle permet de prouver la véracité d’une information sans connaître la teneur de cette dernière. Par exemple, prouver qu’un virement a été effectué sans connaître son montant. Cette technologie trouvera des applications notamment dans la blockchain – certaines banques l’appliquent déjà-, et en matière de protection des données personnelles, à l’heure du RGPD.

Dans le domaine scientifique appliqué à l’IT, l’ordinateur quantique fera encore parler de lui. Non pas pour effectuer plus rapidement des calculs que les ordinateurs classiques réalisent déjà, mais pour modéliser les comportements de molécules à l’échelle atomique. Par exemple, la modélisation de certains matériaux envisagés pour l’électrolyte de nouvelles batteries pourra être réalisée, des calculs hors d’atteinte  pour les superordinateurs actuels.

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