Ce que débourseront les entreprises pour leur mise en conformité avec le RGPD

Le Règlement général sur la protection des données a un coût pour les entreprises françaises. Et il n’est pas négligeable.  Ainsi 670 millions d’euros ont été consacrés en logiciels et services en 2017 et près d’1 milliard le sera en 2018 (à peu près autant en 2019), selon Syntec Numérique. Le syndicat professionnel prévoit même un total de plus de 4 milliards d’euros sur la période 2017-2021. Les projets de mise en conformité règlementaire constituent de fait des opportunités pour le secteur des services et logiciels informatiques.

Des projets en plusieurs étapes

Car si le RGPD entre en application en mai prochain, les entreprises ne seront pas toutes prêtes à cette date, loin de là. Selon IDC France, à peine 10% étaient prêtes en novembre dernier, et la moitié devraient l’être… à la fin de l’année. Des chiffres un peu plus optimistes que ceux du Gartner, qui estiment que plus de la moitié des entreprises ne seront pas prêtes fin 2018. En fait, la mise en place de ce règlement s’effectuera inévitablement en plusieurs étapes. Les entreprises comptent d’ailleurs en premier lieu sur leur preuve de « bonne volonté » pour éviter des amendes salées (pour rappel, celles-ci peuvent aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise, ou 20 millions d’euros).

Le secteur B2B moins touché

L’été dernier, Sia Partners a publié une étude sur le coût du RGPD pour les entreprises du CAC 40. En moyenne, celui-ci se chiffre à 30 millions d’euros. Une moyenne qui cache évidemment des disparités. Les banques et assurances devront le plus mettre la main à la poche, avec une facture proche de 100 millions d’euros. Le secteur du B2C devra débourser 35 millions, alors que le B2B devrait s’en tirer pour 11 millions en moyenne par entreprise. Ces dépenses devraient avoir des impacts sur les investissements des entreprises : si l’on en croit une étude européenne de European Business Awards, 23% des sociétés affirment devoir moins investir dans les produits innovants.

Les multinationales aussi concernées

Enfin, au niveau mondial -car, est-il besoin de le rappeler, les multinationales devront se conformer à ce règlement européen -, le coût est estimé à  7,8 milliards de dollars pour les sociétés du Fortune’s Global 500, selon une étude parue en novembre dernier réalisée par EY pour l’IAPP (International Association of Privacy Professionals). Pour les entreprises américaines notamment, cette dépense s’effectuera en particulier dans le domaine de la protection juridique.

Ce que coûte une transformation numérique ratée

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Que se passe-t-il quand une entreprise échoue dans sa digitalisation? C’est à cette épineuse question qu’a tenté de répondre Fujitsu, dans une étude intitulée The Digital Transformation PACT (People Actions Collaboration Technology). Celle-ci a été menée à l’échelle mondiale par Censuswide pour Fujitsu auprès de plus de 1600 dirigeants (150 Français) dans plusieurs secteurs (public, vente, finances, industrie). La plupart sont d’accord sur le constat initial : 84% reconnaissent que leurs clients attendent de leur part une digitalisation accrue. Pour y parvenir, elles sont autant à prendre des mesures (formation par exemple), afin d’améliorer la compétence informatique de leurs employés.

La technologie n’est pas considérée comme le maillon essentiel de la chaine du changement : seule 1 entreprise sur 5 la place en tête, derrière notamment le facteur humain. « La technologie peut être un véritable moteur de transformation, mais tirer le meilleur du digital exige davantage que des outils technologiques dernier cri », confirme Duncan Tait, PDG, directeur des zones Amérique et EMEIA chez Fujitsu. Les entreprises s’intéressent à la technologie essentiellement sur les questions de cybersécurité. Selon les auteurs de l’étude, cette faible proportion montre que les entreprises sont de plus en plus matures, et sont passées à l’étape suivante. La collaboration est ainsi un moyen d’entamer leur transformation numérique : six entreprises sur dix travaillent avec leurs clients et partenaires (experts technologiques notamment). Continue reading “Ce que coûte une transformation numérique ratée”